Cécile Gibert, porteuse du projet La Renarde

Portrait La Renarde

Mon parcours professionnel

Notre petite ferme pédagogique et maraîchère s’engage pour une alimentation saine, locale et durable, pour la protection de la nature et pour la promotion d’un modèle agroécologique vertueux. Nous produisons, en bio et en circuit court, l’équivalent d’une quarantaine de paniers familiaux par semaine, dont une dizaine à prix solidaires.

Dans ce cadre naturel magnifique, nous menons toute l’année des activités d’éducation à l’environnement et à l’alimentation en immersion, pour tous les publics, et notamment les plus fragiles (jeunes en situation de handicap, adultes en fragilité psychique…).

Depuis quand existe‑t‑elle ?

Depuis février 2023. Nous allons bientôt rentrer dans la 3ème année de l’association.

Qu’est-ce qui t’a motivée à créer cette structure ? Quel est ton parcours ?

J’ai commencé ma vie professionnelle en tant que graphiste, mais j’ai petit à petit perdu la motivation et le sens de ce métier « de bureau ». Passionnée par la nature et le jardinage, j’étais aussi frustrée de ne pas avoir assez de temps pour m’occuper de mon potager. Petit à petit, ça s’est imposé : je voulais passer mes journées dehors, les mains dans la terre, me sentir utile. J’ai donc décidé de quitter mon premier métier pour me consacrer au potager et à la nature « en grand » !

Y-a-t’il eu des éléments déclencheurs, des rencontres décisives qui t’ont convaincue de passer à l’action ?

Oui, beaucoup de belles rencontres ont ponctué mon parcours ! Ce serait trop long de toutes les citer.Je retiendrais notamment la rencontre avec Victoria, la collaboration avec l’IME de la Pépinière pour notre installation sur leur parcelle agricole, ainsi que l’accompagnement précieux de l’association Maillage.

Dès le départ, j’ai voulu me former et continuer d’apprendre sur le terrain, en travaillant dans différentes fermes. C’est là que j’ai rencontré Victoria, qui était en cours d’installation sur la parcelle agricole de l’IME et travaillait en parallèle dans des fermes. Nous avons passé des heures à discuter en triant des carottes ou en préparant des poireaux, et nous avons vite sympathisé.

Un jour, elle a décidé de quitter son projet, pourtant tout juste lancé, pour partir dans une autre région. Elle m’a alors proposé de prendre la suite. Je ne me sentais pas totalement prête, mais j’ai accepté pour de nombreuses raisons, et je ne regrette rien. L’IME a accueilli notre nouveau projet avec enthousiasme.

J’ai embarqué quelques amis dans l’aventure, et l’association Maillage - dont la mission est d’accompagner les porteurs de projets dans le domaine de l’économie sociale et solidaire -nous a soutenus pendant deux ans. Leur appui a été déterminant.

Quelles difficultés as‑tu rencontrées ?

Comme dans toute installation, il y en a eu : le manque d’expérience, le temps consacré et la conciliation avec la vie de famille, le poids de l’administration, mais aussi la difficulté de travailler sans revenu les premiers temps.

Il y a eu des moments très forts et d’autres de découragement, mais l’envie et la passion nous ont portées jusqu’ici, et nous avons reçu énormément de soutien.

Quelles victoires, petites ou grandes, as‑tu retenues de ce parcours ?

D’abord, l’évolution de notre parcelle. Avec Diana, ma partenaire de jardin, nous prenons parfois une pause dans la frénésie pour contempler tout ce que le terrain a gagné en richesse et en beauté : arbres, fleurs, mares, prairie… Nous sommes parties d’une parcelle nue, un grand rectangle vide, et nous sommes très fières d’en avoir fait un lieu plein de vie et de nature.

Nous sommes aussi très heureuses du réseau chaleureux, dynamique et solidaire qui s’est créé autour de la ferme. Enfin, c’est une immense satisfaction de pouvoir offrir à toutes les personnes accueillies - et en particulier aux plus fragiles - un véritable bain de nature, bienfaisant et instructif. Et d’entendre ce genre de petites phrases de la bouche d’un enfant : « Madame, vous m’avez fait aimer les carottes ! »

Comment vois-tu la suite ?

Sur le terrain, tout trouve petit à petit sa place : les arbres grandissent, certains commencent à produire, la faune s’installe progressivement, les variétés végétales se multiplient…

Nos conditions de travail et d’accueil s’améliorent également grâce aux aménagements que nous réalisons au fil du temps. Et nous aussi gagnons en expérience : notre réseau se renforce, nos compétences se consolident et se structurent. Je vois donc l’avenir comme un équilibre entre nos activités de maraîchage et nos activités d’accueil, sur une parcelle de plus en plus belle et foisonnante de vie.

On se voit aussi intégrer d’autres personnes dans l’équipe pour multiplier les talents, compétences et les capacités d’acceuil.

Que dirais-tu à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l’aventure solidaire ?

Que la satisfaction est immense lorsqu’on s’engage concrètement pour ce qui nous tient à cœur.

Ton mantra au quotidien ?

Ce serait le mantra inspiré des principes de la permaculture : prends soin de la terre, prends soin de toi et des autres, partage les ressources.

Le soutien financier nous servira en partie à construire un petit espace de stockage près du poulailler, destiné au grain et à la paille des poules. Il contribuera également au fonctionnement général de l’association, notamment au maintien de nos deux salaires.

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